La loi ALUR a bouleversé les habitudes des bailleurs et des locataires, imposant un modèle de contrat de location standardisé. Résultat : moins de marges de manœuvre pour introduire des clauses douteuses, trop souvent glissées dans les baux par les agences ou des propriétaires mal avisés. Profitons de cette avancée pour passer en revue les clauses les plus contestées, celles qui reviennent sans cesse dans les contrats créés via notre module en ligne. À noter : rien n’interdit au bailleur de prévoir des franchises, à condition de rester dans le cadre légal.
Les clauses interdites sont d’office écartées
La loi (article 4 de la loi de 1989) l’affirme sans ambiguïté : certaines clauses sont tout simplement proscrites. Inscrites noir sur blanc dans le bail ou non, elles n’ont aucune valeur juridique pour les contrats signés depuis le 27 mars 2014. Si elles apparaissent, le locataire peut les ignorer d’emblée, sans formalité particulière.
Sanctions financières : l’interdiction totale d’imposer des pénalités
Voilà la dérive la plus fréquente. Beaucoup de baux prévoient encore des pénalités financières en cas de retard de paiement ou d’impayé, souvent accolées à la clause de résiliation. Pourtant, la loi l’interdit : aucune sanction de ce type ne peut être appliquée, même si le texte du contrat le prévoit. Beaucoup de modèles anciens traînent encore cette formulation :
Exemple : « Si le loyer n’est pas payé, il est automatiquement augmenté de 20 %. »
Résiliation du bail : des motifs strictement encadrés
Le contrat ne peut être rompu n’importe comment. Seuls trois cas justifient la résiliation à l’initiative du bailleur : non-paiement du loyer ou des charges, absence d’assurance habitation, ou troubles de jouissance avérés par décision de justice. Les autres motifs, comme un entretien défaillant ou le non-achèvement de travaux, sont hors-jeu.
Durée du bail : la règle prévaut, sauf exceptions précises
La durée minimale du bail ne se négocie pas : trois ans en location vide, un an (ou neuf mois pour un étudiant) en meublé, avec renouvellement tacite. Les exceptions sont rares et doivent être justifiées par la situation du locataire ou une reprise du logement spécifiée dès le départ. Pour explorer ces cas, notre fiche dédiée sur la durée du bail apporte un éclairage utile.
Nombre d’occupants : aucune limitation arbitraire
Le locataire est libre d’accueillir qui il souhaite, sans restriction du nombre d’occupants, même dans les petits logements. Seule la sous-location reste interdite, sauf accord écrit du bailleur. Attention aux formulations abusives encore trop fréquentes :
Exemple : « Si le locataire héberge une autre personne plus de 15 jours consécutifs, un supplément de loyer sera exigé. »
Paiement automatique : impossible d’imposer un prélèvement
Le bailleur ne peut pas exiger un paiement du loyer par prélèvement automatique. Cette pratique, courante chez les agences, n’a aucune base légale. En revanche, il est possible d’interdire les règlements par chèque, source de retards et de complications, à condition de le préciser dans une clause spécifique. Notre module de rédaction propose d’ailleurs cette option.
Frais annexes : seuls certains frais sont à la charge du locataire
Les frais d’agence sont strictement encadrés par la loi, selon la zone géographique. Impossible donc de refiler au locataire d’autres dépenses liées au bail : état des lieux, envoi de documents, rédaction d’un contrat de location de meubles ou souscription imposée à un prestataire. On retrouve encore de telles pratiques :
Exemple : « L’état des lieux de sortie sera réalisé par huissier, les frais étant partagés entre propriétaire et locataire. »
Travaux du propriétaire : un droit du locataire à indemnisation
Si le propriétaire réalise des travaux dans le logement pendant plus de 21 jours, il doit indemniser le locataire, même si une clause mentionne le contraire. Le Code civil prévoit une réduction de loyer proportionnelle à la durée et à la surface immobilisée. Pour les subtilités juridiques, notre fiche dédiée détaille la marche à suivre. La liste complète des clauses interdites figure à l’article 4 de la loi de 1989.
Des conditions abusives à la limite de la légalité
Certains bailleurs tentent d’introduire des clauses déséquilibrées, invalidées par la jurisprudence ou jugées injustes, mais pas systématiquement annulées d’office. Dans ce cas, il faut saisir le tribunal d’instance pour obtenir leur suppression. Autre stratégie possible pour le locataire : ignorer ces clauses et attendre que le propriétaire tente de les faire valoir devant un juge. Ce dernier, bien informé, a peu de chances d’obtenir gain de cause.
Interdire l’aménagement du logement : une atteinte à la liberté du locataire
Le locataire occupe le logement à sa guise, tant qu’il ne cause pas de dégradations irréparables. Peindre les murs d’une autre couleur, changer la disposition des meubles : toutes ces modifications sont permises sans accord préalable du bailleur. Le propriétaire ne peut pas imposer une remise en état systématique, comme le retour à des murs blancs au départ du locataire. Notre fiche dédiée à ce sujet apporte des précisions utiles.
Exemple : « Avant tout aménagement ou modification durable du logement (peinture, revêtement de sol, installation de mobilier fixe), le locataire doit obtenir l’accord écrit du propriétaire. »
Animaux domestiques : l’interdiction générale n’a pas cours
La présence d’un animal de compagnie ne peut être prohibée, sauf pour les animaux de première catégorie, sous réserve d’une clause explicite dans le contrat. Interdire tout élevage ou la détention d’animaux est donc illégal.
Exemple : « L’élevage d’animaux est interdit dans l’appartement. »
Interdiction de fumer : une clause sans effet
Le locataire peut fumer dans son logement. Le bailleur ne peut l’en empêcher via une clause. Toutefois, en cas de dégradations (peinture jaunie, odeurs persistantes), le propriétaire pourra retenir le coût des réparations sur le dépôt de garantie.
Où trouver un modèle de bail de location gratuit ?
Pour gagner du temps et éviter les erreurs, il est judicieux de s’appuyer sur un modèle fiable. Si vous n’avez jamais rédigé de bail, mieux vaut choisir un modèle déjà structuré, qui recense tous les éléments obligatoires : identité des parties, description du bien, durée du bail… Pour obtenir un modèle de bail de location gratuit, le site immobilier-danger.com propose un document à jour et conforme aux obligations légales. Vous y trouverez aussi la liste des mentions à ne pas négliger pour sécuriser votre future location.
Un bail bien rédigé protège les deux parties et pose un cadre clair. Mieux vaut investir quelques minutes à vérifier chaque clause que de se retrouver, plus tard, face à un litige. Les règles sont posées : il ne reste qu’à veiller à ce qu’elles soient respectées. La loi trace la route, à chacun de ne pas s’en écarter.

